Un Avion pour Paris

Et voilà, prêt de quinze mois en sac à dos, que notre odyssée touche déjà à sa fin.

Nous nous apprêtons à embarquer dans l’avion pour Paris, les cœurs pleins d’émotions contradictoires… Quinze mois loin de la France, et dans quelques heures nous serons « chez nous » ! Ça fait tout drôle…
Il ne fait pas trop froid tout de même ?

Cette fois-ci on peut vous le dire : à très bientôt !

Les Temples d’Angkor

Ce sont des cités disparues que l’on redécouvre à présent comme des trésors enfouis. Des cités somptueuses créées à l’âge d’or du peuple Khmer, quand le royaume s’étendait de part et d’autre, avalant des bouts de la Thaïlande, du Laos et du Vietnam. Des villes conçues par des rois à l’ego démesuré, ils érigeaient des temples qui rivalisaient de perfection et de grandeur.

Des dieux-roi bâtisseurs : ils voulaient marquer l’Histoire, que le monde s’incline face à leur puissance, et les admire à jamais. Pendant des siècles, ces rois mégalomanes ont fait construire des cités immenses : Angkor Thom aurait compté 1 million de personnes selon le Lonely Planet, quand à la même époque Londres n’en comptait que 50 000 (mais puisque les différentes sources ne parviennent pas à se mettre d’accord, disons qu’ils étaient nombreux !).

Et pourtant… La splendeur des temples d’Angkor que l’on disait éternelle n’était pas grand-chose face au lent déclin du royaume. Les invasions, les guerres et les famines ont soufflé sur les cités légendaires comme de simples poussières. Les cités furent abandonnées, puis oubliées.

Les temples d’Angkor forment maintenant le site historique le plus visité du Sud-Est asiatique.

Pour découvrir une telle merveille, il a donc fallut nous adapter aux cars de touristes, aux vendeurs ambulants qui nous poursuivaient sans cesse, à la chaleur écrasante lorsque nous arpentions les vastes sites…

C’est certain, les premiers explorateurs devaient avoir une impression toute différente quand ils ont visité pour la première fois Angkor !

Mais quand on parvient à éviter la foule, que l’on slalome entre les groupes, que l’on divague de temples en temples à vélo…

Nul doute qu’Angkor nous charme ! Et c’était agréable de visiter le site à vélo, car on pouvait pédaler à l’ombre des arbres, sur un terrain plat, comme dans un grand jardin parsemé de poches de jungles et de temples.

Nous avons donc admiré la finesse des sculptures et des ornements…

Nous avons appris un peu de l’Histoire et des légendes du royaume Khmer à travers les bas-reliefs du Bayon et d’Angkor vat.

Les immenses visages sculptés se détachaient des tours des temples comme des apparitions

Et nous rassuraient de leur présence bienveillante et souriante.

Comme des observateurs amusés par la « comédie humaine » !

Malgré leur état de demies-ruines, les temples révélaient leur beauté fanée au milieu des arbres.

Et le spectacle de la jungle envahissante nous a subjugués.

Les racines des arbres ont poussé sur les temples, se moquant des pierres, les engloutissant comme des pieuvres géantes, étouffant les murs comme des boas constricteurs.

Mais de cette mort lente est né un autre monument, mariage de l’architecture humaine et végétale : un temple-forêt, une porte-arbre, un mur-jardin…

Et cela nous a fait pensé à la rivière aux mille Linda, où les hommes ont sculpté et taillé la roche au cœur même de la rivière. A travers l’eau, on devine un sol carrelé, une nymphe de pierre se laisse flotter, tandis qu’un visage de mousse et de roche se rafraîchit sous l’écume du courant.

A l’ombre des grands arbres, assis en face des temples, on a rencontré un vieil homme sans dents, heureux de nous parler en français. Au fil de la conversation, il nous a raconté son histoire, celle de son pays ravagé par les khmers rouges.

Chan Ny est né en 1933, il a appris le français à l’école quand le pays était encore une colonie française. Il est devenu instituteur à Siem Reap. Alors quand les Khmers rouges sont arrivés il n’a pas révélé sa profession, il a caché sa connaissance de la langue française. Car tous les intellectuels, les docteurs, les artistes et les étrangers étaient torturés et tués systématiquement.

(Peinture d’un peintre rescapé de la prison S 21, image tirée de museumsyndicate )

Les villes vidées, il a travaillé comme tous ceux qui étaient « corrompus par l’Occident » dans un camp de travail forcé. Il devait couper les grands arbres de la jungle à la hache, ses mains en portent encore les stigmates. Sa femme et ses deux enfants n’ont pas survécu au camp de travail, comme beaucoup ils sont morts de faim et d’épuisement.

(image tirée de museumsyndicate)

Et quand on écoutait le vieux Chan, on était bouleversé par ce pays habité par de si grandes contradictions. A l’image de son visage souriant qui nous racontait cette terrible histoire, les yeux humides. Les Cambodgiens portent une histoire effroyable en eux, ils pleurent parfois mais ils sourient toujours. Beaucoup sont des victimes, mais les plupart des anciens bourreaux vivent par mis eux, tranquillement. Les gens – les victimes en tous cas- vous racontent volontiers leur triste et ressent passé, ils semblent soulagés de se confier. Mais de la situation actuelle on n’en parle pas. On bredouille tout bas, et comme s’il y avait encore des espions autour de nous, on pose un doigt sur la bouche « chut ! », « ne dites pas que je vous l’ai dit ».

A Angkor Vat les khmers rouges ont ravagé nombre de sculptures.

Mais la jungle dense et envahissante a paradoxalement protégé la plupart des sites, les arbres enserrant les temples de leurs bras protecteurs.

Nous avons été touchés par le Cambodge. Même si nous ne l’avons pas toujours bien compris, et en dépit de son lourd passé, c’est un pays rempli de charme et de sourires…

Sur l’île de Koh Rong

Après des semaines écoulées au fil du mystérieux Mékong, les airs marins nous attirent, alors nous nous rendons à Sihanoukville, station balnéaire populaire du Cambodge. Tout de suite arrivés nous profitons des eaux turquoises, du sable fin entre nos orteils, des fruits de mer et des poissons grillés.

Mais la ville n’est pas si séduisante ! Un peu trop touristique à notre goût, les bars pour occidentaux défilent, les marchands ambulants insistent pour nous vendre de bracelets, des fruits, des cartes ou des massages, et ne nous laissent pas une minute de répit. Les plages sont parfois bondées et on se baigne au milieu des détritus jetés n’importe où.. . Il n’y a que les singes qui nous plaisent vraiment !

Comme nous sommes à la recherche de dépaysement et de calme, nous nous rendons donc dès le lendemain sur l’île de Koh Rong, à deux heures de bateau de Sihanoukville.

Et nous retrouvons un petit paradis encore intacte. L’île de 15km de long n’a pas de route ni souvent l’électricité, il n’y a que des petits villages de pêcheurs, deux centres de plongée, et des cabanes en bambou qui accueillent les quelques touristes.

Notre emploi du temps est donc très chargé : on se promène en masque et tuba au-dessus des coraux colorés, poursuivant les poissons multicolores, on bouquine dans les hamacs avant de se jeter à l’eau pour la dizième fois de la matinée…

Nous parvenons tout de même à nous arracher à notre hamac pour nous promener deux petites heures dans la jungle. Mais nous revenons vite sur la plage, parce que nous nous méfions des nombreux serpents qui laissent leurs traces, et parce que la mer nous manque déjà !

Koh Rong

Nous admirons, pour notre dernière soirée dans notre cabane sur la plage, le spectacle de l’orage qui s’approche peu à peu sur l’île…

Hélàs dans quelques années Koh Rong n’aura certainement plus rien de paradisiaque, en tous cas ce ne sera plus du tout sauvage. Ce bout de terre appartient au groupe américain Millennium, qui projette d’y bâtir des routes, un aéroport international, et commence à chasser les habitants pour construire des resorts de luxe… Plus prochainement, la pleine saison ramène chaque année des flots plus importants de touristes, et sans fosse sceptique les eaux usées sont rejetées à la mer. M’est avis que ça va sentir mauvais, dans quelques semaines !

Nos avons quitté l’île après quatre jours de délicieuse farniente, et nous sommes à présent parvenus à Siem Reap… Les temples d’Angkor nous dévoilent leurs merveilles encore préservées !

Promenade autour du Mékong

Une fois arrivés au Cambodge, nous avons posé nos sacs-à-dos à Kratie :

Petite ville accueillante au bord du Mékong.

Nous avons alors loué une moto, et nous avons fait une boucle sur les deux rives du Mékong (promenade que l’on peut aussi faire à vélo), traversant le fleuve à bord des petits ferries locaux.

Nous avons passé une superbe journée, à s’imprégner de l’atmosphère locale.

Les scènes du Mékong où la vie toute entière tourne autour de l’eau nous ont captivés.

Et surtout, les habitants des petits villages nous ont accueillis en fanfare. Du jamais vu ! Nous avons roulé lentement en tournant la tête en tous sens pour répondre à la pluie continue de « hello » qui se déversait sur nous, aussi bien de la part des enfants que des vieillards. Les regards amicaux, les signes de la main, les rires et les quelques mots bredouillés en Anglais « I love you », « what is your name ? », mais aussi les sourires éclatants nous ont submergés toute la journée pour notre plus grand plaisir.

A tel point que nous avons souffert des zygomatiques ! Mais c’était aussi peu dérangeant qu’un mal d’abdominaux après une bonne partie de rigolade. Pour tout dire, c’était un accueil du tonnerre et une bonne façon d’aborder pour la première fois le Cambodge !

A bientôt, pour la suite de notre petite odyssée au pays du sourire éternel…

Au Sud du Laos

Nous avons été enchantés pas le sud du Laos.

A moto nous nous sommes promenés quatre jours au Plateau des Bolovens. L’endroit est connu pour son microclimat aux températures fraîches, ses cascades et sa production de café fort réputé. Et c’est vrai qu’on en a vu des cascades !

Parfois perdues au milieu de pistes poussiéreuses, isolées dans la jungle et les rochers, d’autres fois envahies de touristes Laotiens ou Thaïlandais de la classe aisée. Ils étaient drôles ces derniers, en groupes serrés à prendre des photos par dizaine, et essayer toutes les poses devant la cascade… Et ils nous photographiaient comme de vraies curiosités ! La chute d’eau n’était plus qu’un prétexte pour se prendre en photo avec nous à leurs côtés, touristes européens qui fascinaient les touristes asiatiques…

A moto on se sentait plus libres, on pouvait visiter tous les sentiers, s’offrir des baignades rafraîchissantes dans la rivière, puis repartir sur la piste comme de vrais aventuriers.

Nous avons passé deux nuits à Tatlo, village paisible au pied des cascades

Où il faisait bon s’attarder dans les hamacs, regarder les enfants jouer dans l’eau. Puis se libérer de l’engourdissement en plongeant dans l’eau fraîche à son tour…

Avant d’aller saluer les éléphants !

Entre Sekong et Paksong nous avons roulé sur une piste des plus cahoteuses, dans un nuage continu de poussière… Et je dois rendre hommage aux qualités de pilote intrépide de Sylvain !

Paksong, ville aux allures de Far West asiatique ne nous a pas laissé un souvenir mémorable. Mais nous nous sommes promenés dans la campagne alentour à travers les plantations de café, les cours d’eau et les cascades toujours.

Les paysans nous accueillaient et nous guidaient dans les sentiers et les vergers. Lorsque nous nous sommes allongés encore une fois au bord de la rivière, une bande d’enfants s’est approchée. Tout curieux ils nous dévisageaient.

Ils ont vu notre guide de voyage, et se sont jetés dessus à la recherche d’images.

Une petite s’est emparée de mon stylo, elle l’a contemplé, s’est mise à dessiner sur la paume de sa main avant de le reposer, comme à regret. Alors mon petit cœur trop mou n’a pas résisté, je lui ai donné mon stylo. Pas très malin de ma part car alors tous les enfants se sont rués sur moi en tendant leurs mains ! Je n’avais plus qu’un crayon et quelques barrettes à leur donner, alors bien sûr certain sont partis en courant de joie, et d’autres la mine boudeuse en traînant du pied… Nous avons acheter d’autres stylos maintenant. Pour ces enfants qui ne vont pas à l’école et qui nous demandent de quoi gribouiller, à défaut des livres qu’ils ne savent pas déchiffrer…

Après ces aventures à moto, nous nous sommes rendus à l’extrémité sud du Laos. Quoi de mieux en effet après les routes accidentées qui nous avaient engourdi les fesses que de se prélasser dans un hamac sur une petite île au milieu du Mékong ?

Si Phan Don ou 4000 îles est un archipel d’îlots qui s’étendent tranquilles sur le fleuve. Nous avons posé nos valises dans une cabane au bord de l’eau à Don Det, l’île la plus populaire. On lui trouvait tout de même des airs de station balnéaire, avec ses bars identiques qui défilaient en même temps que les agences touristiques, les habitants peu aimables et le bruit continu des perceuses (les bungalows se construisent à la chaîne !). Mais il suffisait d’enfourcher un vélo pour s’éloigner de l’agitation touristique

Et l’on découvrait un paradis encore intacte, slalomant entre les cocotiers de Don Khon et Don Det, les rizières et les cabanes oubliées.

C’était un spectacle saisissant à la fin de l’après midi, quand le jour déclinant jetait partout ses lumières dorées.

Les animaux envahissaient les champs, les paysans reprenaient leur labeur interrompu plus tôt sous la chaleur de midi : l’heure était à la récolte du riz.

Et les enfants jouaient autour des sarongs de leurs mères qui terminaient leur dernière tâche. Alors, juste avant que le soleil ne disparaisse tout à fait, on se précipitait en terrasse avec une bière bien fraîche, et l’on contemplait les décors rougeoyants du Mékong…

Nous avons quitté le Laos en kayak !

Quelques coups de pagaie dans les rapides autour des chutes d’eau nous ont suffi pour atteindre le Cambodge.

Et nous avons eu un beau cadeau d’adieu : nous avons rencontré beaucoup de dauphins d’eau douce ! Ces dauphins de l’Irrawaddy sont une surprise de la nature, ils peuvent vivre dans les eaux salées aussi bien que dans les eaux douces !

(photo tirée du site ameliadolphinprotection)

Pourtant ils sont en grave danger d’extinction, la pêche à l’explosif ayant ravagé la faune et la flore du Mékong… Mais, de les entendre souffler à la surface comme de petites baleines, et de les voir sortir des eaux sombres du fleuve, on s’est dit qu’il y avait sans doute encore un peu d’espoir…

Adieux, charmant et tranquille Laos…

Au Centre du Laos

Le centre du Laos est souvent méconnu des voyageurs, qui préfèrent ne pas s’arrêter entre la capitale et le sud du pays. Pourtant nous avons adoré y passé quelques jours.

Thakhet et ses effluves malodorantes, ses grandes rues salles et peu accueillantes nous ne a pas franchement séduits. Mais peut-être qu’il nous fallait tout simplement un temps d’adaptation, car à Savannakhet sa sœur jumelle un peu plus au sud, nous avons été charmés par la tranquillité de cette ville qui s’étire et s’endort le long du Mékong, les gens si surpris de croiser des étrangers…

Nous avons été peu à peu séduits par ce silence des villes plombées par la chaleur, ces joueurs de pétang qui ralentissent leurs gestes, ces villes toutes entières à la sieste… Mais qui, dès le soir venu, s’animent et se maquillent comme pour un jour de fête.

Les bords du Mékong se décorent de tables et de guirlandes multicolores, les gens se promènent bien habillés, et c’est le défilé des vélos et des petites motos. On entend les airs de karaoké en écho, et des groupes de sportifs s’échauffent en musique. Quand la nuit arrive, la Beerlao se savoure à toutes les tables, et on déguste souvent la fondue coréenne dans les gargotes au bord de l’eau.

Mais ce qui fait le charme incontestable de cette région, c’est bien sûr sa campagne, ses nombreux parcs, et ses multiples grottes-galeries. Nous avons rencontré un couple d’Allemands Sven et Annalisa

Et avec eux nous avons découvert quelques trésors de cette région.
De Ban Koum Khan nous avons rejoint la célèbre grotte de Tham Khong Lo à moto.

De la route on apercevait les gens dans les rizières.

Arrivés face à la grotte, sous le tintamarre particulier des cigales (le bruit d’un aspirateur, en plus aigu) des guides nous ont conduits dans cette cavité de 7 km de long, en pirogue à moteur.

On pouvait admirer grâce aux lampes torches l’architecture naturelle de la grotte

L’ambiance était toute mystérieuse, une traversée au royaume des ombres…

Pour être éblouis, de l’autre côté, par la lumière de la forêt.

La jungle était plus profonde encore

Et le petit village (trois cabanes penchées et quatre vaches) nous semblait des plus reculés, coupé du reste du monde par cette immense grotte forteresse.

Un autre jour, nous avons fait un trek dans la zone nationale protégée de Phou Hi Poun. Nous avons parcouru d’abord quelques villages et découvert de plus prêt la récolte du riz

Puis nous nous sommes enfoncés dans la forêt. De temps en temps des plaines apparaissaient

On traversait des rivières sur des rondins de bois, on parcourait encore beaucoup d’autres grottes…

Et nous nous sommes rafraîchis plusieurs fois dans une superbe rivière bleue.

Nous n’avons pas eu la chance de rencontrer beaucoup d’animaux sauvages et même les oiseaux étaient absents, mais c’est qu’ils se méfient des hommes depuis qu’’ils sont chassés et mangés à tout va…
Par contre notre guide Mi nous a enseigné quelques astuces thérapeutiques que les laotiens puisent dans la jungle. Comme cette plante qu’on utilise en curatif du paludisme

Ou le cœur des arbres qu’on fait bouillir quand on a la diarrhée… Les fourmis rouges quant à elles serviraient comme remède au mal de tête, et ont peut aussi les utiliser comme assaisonnement, remplaçant la saveur du citron.

Nous les avons donc goûtées après que Mi ait écrasé dans ses mains ces charmantes fourmis (dont la morsure n’était pas très agréable). C’est vrai qu’il y avait un goût acide, mais la peau et les antennes se coinçaient dans nos dents, et ce n’était pas des plus ragoûtants, je dois le dire…

Nous sommes à présent parvenus au sud du Laos… Et on en profite toujours autant !
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De Vientiane à Luang Prabang

Nous voici donc parvenus au Laos. Le train de nuit nous a transportés jusqu’à Vientiane, sa capitale.

L’ambiance y est détendue, la ville ressemble à un grand village, un trou paumé même en comparaison à Bangkok la survoltée. Mais nous nous accordons plus facilement à cette atmosphère paisible et sommeillante. Nous marchons tranquillement dans les larges rues, nous flânons d’un pas traînant et nous nous arrêtons souvent aux terrasses des cafés. C’est que cette chaleur humide nous colle à la peau. Nous avançons au ralenti, chaque geste s’alourdit, la léthargie nous gagne… Nous n’avons jamais eu aussi chaud ! Les Laotiens sont chics et frais, vêtus de leur sarong, sous leurs ombrelles colorées.

Nous étrangers tout juste sortis de l’hiver néo-zélandais, ne sommes que des « phoques échoués » (merci Papa pour cette belle image), amassés sous les ventilateurs.

Mais petit à petit nous parvenons à nous libérer de notre torpeur. A vélo nous parcourons la ville, nous visitons ses temples…

Que d’autres villes laotiennes nous attirent déjà !

Sur la route pour Luang Prabang, nous faisons halte à Vang Vieng, ville bien connue pour ces voyageurs trop fêtards qui ne viennent que pour goûter aux menus drogues proposés par les bars et se moquer des Laotiens en titubant torse nu dans les rues… Mais quelques mois plutôt les autorités ont mis fin aux excès après le nombre croissant de morts, et nous découvrons une ville tranquille, entourée de magnifiques falaises karstiques.

Elle a bien encore ses airs de station balnéaire artificielle, avec ses longs bars identiques qui proposent des sceaux de whisky-coca et diffusent à la chaîne des épisodes de friends… Mais dès onze heures du soir la ville s’endort totalement. Nous nous promenons en moto avec Marco un voyageur qui croise notre route

Et nous sommes tout de suite séduits par la charmante campagne

Les eaux bleues délicieuses pour la baignade, les petits villages…

Les maisons en bambou tressé ne semblent pas bien solides, les gens n’ont pas grand chose, mais on dirait tout de même un vrai petit paradis.

A notre passage, les enfants nous saluent de la main et nous crient « sabai-diiii » en cœur. Quel accueil !

Et puis nous montons vers le nord jusqu’à Luang Prabang.

Ville classée au patrimoine de l’Unesco, ancienne capitale royale du Laos, la ville est belle et agréable. Entourée par le Mékong et la rivière Nam Kham, c’est une petite péninsule où l’on s’attarde aux terrasses au bord de l’eau.

Les rues et les bâtisses rappellent la présence des Français.

Les moines en robes safran sont partout présents, et on observe leur procession au lever du jour.

Les temples roses nous charment aussi

Et nous nous laissons filer sur l’eau quelques heures, pour une courte croisière sur le Mékong.

Nous voici maintenant arrivés au centre du Laos, et nous continuons de nous régaler… A bientôt pour la suite de nos aventures au Laos !

Bye bye New Zealand

Cette fois-ci, nous venons de quitter la Nouvelle-Zélande pour de bon.

Nous avons pris l’avion pour Bangkok. Peu pressés de rentrer et encore assoiffés de découvertes, nous nous offrons une dernière odyssée : en Asie du sud-est. Six semaines pour parcourir un peu le Laos et le Cambodge !

Alors bien sûr, il y a l’excitation de ce nouveau voyage vers des contrées inconnues. Mais cela n’a pas effacé tout à fait la peine qu’on a eu à quitter la Nouvelle-Zélande que nous avons tant aimée. C’était un vrai coup de foudre, vous l’avez sans doute deviné en nous lisant. Lorsque l’avion s’est envolé et que ce petit pays au grand coeur s’est dérobé sous nos pieds, nous avons repensé à toutes ces personnes que nous avons rencontrées, qui nous ont accueillis, avec qui nous avons tant appris… Un lien si fort s’est noué avec eux. Merci mille fois à notre famille Kiwie !

Nous ramenons dans nos bagages toutes légères des centaines de photos. Mais autre chose encore, que nous espèrons préserver le plus longtemps possible… C’est l’esprit kiwi !

Le « kiwistyle » est un joyeux mélange de :

– « Hey Guys ! »
Oui, les kiwis sont vraiment sympathiques. A coups de grands sourires, de « hey guys » à tout va, venant du policier aussi bien que du jardinier, ils adooorent filer un coup de main à n’importe qui, et discutailler avec le première personne venue. Nous n’avons jamais autant bavardé avec les chauffeurs de bus, les caissières ou les simples passants… Encore mieux que dans les Bisounours, parce qu’ils vous offrent même des verres au pub du coin !

– « No 8 wire ».

Les kiwis, ceux sont des débrouillards, des inventifs, des bricoleurs… Et pour les définir on utilise souvent cette expression « no 8 wire », car ils seraient censés pouvoir tout réparer avec un fil de fer de diamètre 8. Et ils rafistolent, rénovent, recyclent troquent… Tout ce qui leur passe par la main !

– « Save your money »
Oui, parce qu’ils ne recyclent pas sans raison non plus. Ils s’affolent souvent contre la consommation à outrance, et face notre manie à nous européens à jetter et racheter sans cesse de nouveaux objets… Contre le gaspillage, ils tentent de vivre simplement, et sont de plus en plus « self-sufficient »(autosuffisants).

– « Love and respect Aotearoa »

Muriwai Beach

Car s’ils sont économes, c’est aussi parce que ceux sont des gars de la nature. Des amoureux de la mer, de la forêt et de la montagne. Des fous de la pêche, des ferus de randonnée, des rois du camping et des princes du pique-nique. Ils sont très fiers de cette terre qu’ils appellent souvent de son nom maori « Aotearoa », comme pour signifier son caractère sacré, originel, unique. Même si des forêts primaires par centaines ont été détruites pour devenir des prairies à moutons, même si l’homme a profondément porté atteinte à cette nature exceptionnelle, les réserves naturelles foisonnent. Les opportunités de randonner vous donnent le vertige, et des parcs gigantesques ne peuvent être visités par l’homme que par des trecks de plusieurs jours sur des pistes tortueuses.

Après ces adieux à la Nouvelle-Zélande et à ces rencontres enrichissantes avec les Kiwis, il est temps pour nous de reprendre notre route. Et c’est l’Asie qui nous appelle. On vous écrit de notre petite chambre à Bangkok. Collés au ventilateur, la chaleur moite nous colle à la peau. Nos sens sont en alerte, tout est nouveau…

Mais cette ville est si grande, si bruyante, si harassante ! Que nous partons dès ce soir pour Vientiane la capitale du Laos, qui serait paraît-il plus tranquille et plus zen.

Les oiseaux de Nouvelle-Zélande

Il aurait été dommage de quitter la Nouvelle-Zélande sans faire un petit article sur les oiseaux qui font la particularité du pays. Armés de notre guide sur la faune, de la paire de jumelles et de l’appareil photo, Elise et moi (eh oui !) avons sillonné les forêts.

Bien sûr, le kiwibird est l’emblème du pays, il est aujourd’hui menacé d’extinction. La cause : après avoir passé des milliers d’années tranquille sur ce bout de caillou, il a petit à petit perdu l’usage de ses ailes. Sans prédateurs, pas besoin de s’envoler. Forcément, ça lui a fait tout drôle de voir arriver les humains avec leurs lots de chiens, renards, furets… L’évolution n’as pas eu le temps de lui redonner ses aptitudes, il est donc devenu nocturne.
Nous avons quand même pu l’entendre quelques nuits mais notre seule chance de l’observer a été au zoo d’Auckland.

La Nouvelle-Zélande possède un grand nombre d’oiseaux endémiques dont le plus original est très certainement le Tui.

Il faut l’entendre devenir fou après avoir bu le nectar des flax et pohutukawas !

Pas étonnant que Tui soit devenu une marque pour le nectar du coin : la bière.

Dans la catégorie des oiseaux chanteurs, vous pouvez croiser au détour d’un arbre son copain le Bellbird.

Ici immortalisé par Elise sur un radiateur chez Liz et Mike.

Vous pouvez écouter son chant peu banal ici.

A l’inverse de ces deux oiseaux et de leurs cris sortis tout droit de la soupe aux choux, le New Zealand Pigeon est très discret, seuls ses gros battements d’ailes le trahissent, certainement le plus gros pigeon du monde (51cm) après le Notou de Nouvelle-Calédonie.

Comme le Kiwibird, beaucoup d’oiseaux ne volent plus depuis des millénaires. Le géant et légendaire Moa y a laissé ses dernières plumes il y a bien longtemps, chassé et dégusté par les maoris.

Aujourd’hui, il reste des espèces comme le Takahe ou le Kakapo qui ne doivent leurs survies que grâce à une poignée d’hommes qui les confinent dans des réserves et sur des petits îlots à l’abri des prédateurs et les aident à se reproduire.

Heureusement, il reste tout de même quelques Kéa et Kaka (si si !). Le premier est l’unique perroquet alpin au monde, il se montre volontiers pour des séances photos.

C’est un « naughty bird » comme les gens d’ici l’appellent car il fouillera bien volontiers dans votre sac pour trouver de la nourriture ou arrachera un bout de jointure de porte de votre belle voiture en pensant y manger quelque chose de vivant.
(Vous pouvez le revoir en vidéo dans cet article)

Le kaka est plutôt dur à apercevoir, une fois encore le zoo d’Auckland nous a sauvé la mise !

Il en reste bien d’autres à découvrir et vous pouvez avoir un aperçu en jetant un oeil à notre album photo sur la faune de Nouvelle-Zélande.

Les prochains animaux qu’on devrait apercevoir dans les semaines à venir devraient être plus du genre à grimper aux arbres ou d’autres à remuer leurs grandes oreilles…

Au pays du free camping ?

Pour ceux qui désirent aussi visiter ce pays enchanteur et s’essayer comme nous au camping, voici notre avis et nos astuces pour camper en toute liberté et pour (presque) rien en Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande était peut-être, il n’y a qu’une poussière d’années, le bastion des free campeurs, mais hélàs mes amis routards, vous qui rêvez de sillonner les routes et vous arrêter quand bon vous semble dans des décors de rêve et sans débourser un centime… Vous devez le savoir : free camper au pays des kiwis n’est plus si facile.

Car s’il y a quantité d’espaces sauvages et des prairies à perte de vue, il y a aussi, bien trop souvent, des clôtures qui vous empêchent d’approcher de plus prêt les petits coins de verdures

De même que la moindre route, le moindre semblant de chemin vous mène la plupart du temps à une maison.

Ensuite, la loi s’est durcie l’année dernière, et si vous avez le malheur de camper lorsque ce n’est pas autorisé, vous pouvez avoir une amende de $200 par personne… En dépit de cette loi nationale, les choses ne sont pas si claires. Chaque district établit sa propre règle, ses propres interdictions, et propose des aires de camping gratuites ou très peu chères, qui fonctionnent différemment selon les types de véhicules. Il y a donc des régions comme le Coromandel ou Golden Bay où vous n’aurez le droit de free camper nulle part, et d’autres comme Hawke’s bay où vous trouverez des aires de free camping à foison. ll devient donc vraiment difficile de s’y retrouver, avec toutes ces différentes règles…

Alors, si comme nous vous n’avez pas envie de rouler des heures à la recherche d’un coin tranquille où ronfler, et si l’idée de vous faire réveiller par la police ne vous séduit pas particulièrement, voici quelques tuyaux qui pourraient vous être utiles :

-Essayez donc les campings du DOC ! D’accord il vous faut souvent débourser quelques dollars, mais si peu. Et cela aide à la conservation du patrimoine naturel du pays ! Vous serez alors assurés de dormir tranquilles dans des coins souvent magnifiques…

-Ce site est à consulter absolument (c’est notre bible de campeurs en Nouvelle-Zélande) : rankers. Il vous indique toutes les aires où vous pouvez camper gratuitement, mais aussi les campings à bas prix (coûtant moins de $10).

Souvent, les aires de camping gratuites sont réservées aux « self-contained » (c’est-à-dire les vrais camping-cars, qui peuvent contenir leurs eaux usées). Mais s’il y a des toilettes à disposition, vous avez le droit de camper même si vous ne disposez que d’un van ou d’une voiture (voyez donc le tableau plus bas).

From Camping our Way

D’ailleurs si vous voulez d’avantage d’informations officielles sur le camping en terre kiwie, visitez aussi ce site : Camping our Way

Maintenant si vous êtes un gitan propret, sachez que la plupart des villes et des tas de petits villages possèdent des douches publiques. Pour les trouver demandez aux i-sites. Vous en trouverez aussi souvent dans les marinas, les stades, et sinon il existe toujours les piscines.

Autres facilités mises à disposition des routards et autres energumènes qui passent leurs journées au grand vent : les aires de pique-nique. Elles foisonnent en Nouvelle-Zélande, du jamais vu ! Vous trouverez toujours une petite table de pique-nique dans une réserve bucolique… Avec assez souvent un barbecue public !

N’est-ce pas fabuleux ? Ah, et n’oublions pas les cabinets d’aisance ! Il y en a partout, même dans les coins les plus reculés et inhabités

Et toujours fournis de papier toilette ! Au point que je me demande s’il n’y a pas un toilette public par habitant…

Voyez-vous, il est toujours possible de parcourir le pays en van, en toute liberté et sans trouble.

Il suffit simplement de s’organiser un peu. Et là : vous serez le roi du camping !
Bonne route et bonne vie manouche à vous, amis voyageurs !