Au pays du free camping ?

Pour ceux qui désirent aussi visiter ce pays enchanteur et s’essayer comme nous au camping, voici notre avis et nos astuces pour camper en toute liberté et pour (presque) rien en Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande était peut-être, il n’y a qu’une poussière d’années, le bastion des free campeurs, mais hélàs mes amis routards, vous qui rêvez de sillonner les routes et vous arrêter quand bon vous semble dans des décors de rêve et sans débourser un centime… Vous devez le savoir : free camper au pays des kiwis n’est plus si facile.

Car s’il y a quantité d’espaces sauvages et des prairies à perte de vue, il y a aussi, bien trop souvent, des clôtures qui vous empêchent d’approcher de plus prêt les petits coins de verdures

De même que la moindre route, le moindre semblant de chemin vous mène la plupart du temps à une maison.

Ensuite, la loi s’est durcie l’année dernière, et si vous avez le malheur de camper lorsque ce n’est pas autorisé, vous pouvez avoir une amende de $200 par personne… En dépit de cette loi nationale, les choses ne sont pas si claires. Chaque district établit sa propre règle, ses propres interdictions, et propose des aires de camping gratuites ou très peu chères, qui fonctionnent différemment selon les types de véhicules. Il y a donc des régions comme le Coromandel ou Golden Bay où vous n’aurez le droit de free camper nulle part, et d’autres comme Hawke’s bay où vous trouverez des aires de free camping à foison. ll devient donc vraiment difficile de s’y retrouver, avec toutes ces différentes règles…

Alors, si comme nous vous n’avez pas envie de rouler des heures à la recherche d’un coin tranquille où ronfler, et si l’idée de vous faire réveiller par la police ne vous séduit pas particulièrement, voici quelques tuyaux qui pourraient vous être utiles :

-Essayez donc les campings du DOC ! D’accord il vous faut souvent débourser quelques dollars, mais si peu. Et cela aide à la conservation du patrimoine naturel du pays ! Vous serez alors assurés de dormir tranquilles dans des coins souvent magnifiques…

-Ce site est à consulter absolument (c’est notre bible de campeurs en Nouvelle-Zélande) : rankers. Il vous indique toutes les aires où vous pouvez camper gratuitement, mais aussi les campings à bas prix (coûtant moins de $10).

Souvent, les aires de camping gratuites sont réservées aux « self-contained » (c’est-à-dire les vrais camping-cars, qui peuvent contenir leurs eaux usées). Mais s’il y a des toilettes à disposition, vous avez le droit de camper même si vous ne disposez que d’un van ou d’une voiture (voyez donc le tableau plus bas).

From Camping our Way

D’ailleurs si vous voulez d’avantage d’informations officielles sur le camping en terre kiwie, visitez aussi ce site : Camping our Way

Maintenant si vous êtes un gitan propret, sachez que la plupart des villes et des tas de petits villages possèdent des douches publiques. Pour les trouver demandez aux i-sites. Vous en trouverez aussi souvent dans les marinas, les stades, et sinon il existe toujours les piscines.

Autres facilités mises à disposition des routards et autres energumènes qui passent leurs journées au grand vent : les aires de pique-nique. Elles foisonnent en Nouvelle-Zélande, du jamais vu ! Vous trouverez toujours une petite table de pique-nique dans une réserve bucolique… Avec assez souvent un barbecue public !

N’est-ce pas fabuleux ? Ah, et n’oublions pas les cabinets d’aisance ! Il y en a partout, même dans les coins les plus reculés et inhabités

Et toujours fournis de papier toilette ! Au point que je me demande s’il n’y a pas un toilette public par habitant…

Voyez-vous, il est toujours possible de parcourir le pays en van, en toute liberté et sans trouble.

Il suffit simplement de s’organiser un peu. Et là : vous serez le roi du camping !
Bonne route et bonne vie manouche à vous, amis voyageurs !

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Adieux cher van

Cher van, toute une année tu nous as transportés à travers les routes néo-zélandaises. Tu n’as pas failli face aux gravel roads et aux nombreux dénivelés, en dépit des jeunes voitures impénitentes qui te dépassaient, fierottes ! Fidèle monture de ferraille, tu nous as toujours conduits au bout de notre route. Et c’est en passant nos nuits au bord des plages désertes, au cœur des fougères arborescentes, ou au pied des montagnes folles… Que nous avons savouré notre chance. Nous avons adoré cette vie de nomade et ce goût grisant de liberté !

Toute une année durant, tu as été notre unique bien matériel, notre maison de 5m², notre palace de polly pockett. Et c’était le fait d’avoir si peu qui devenait notre richesse. Ces soirées seuls dans la forêt où il n’y a rien d’autres à faire qu’à déguster le temps et le silence.

Pêcher, lire, rêver, discuter, et même jouer au rummikub… Ces nuits d’hiver où nos deux rechauds devenaient nos cheminées réconfortantes…

Ces matins au soleil où l’on restait des heures, tasse de thé à la main, tartine de beurre, banane et sirop d’érable à la bouche (le péché mignon de Sylvain), à regarder la mer…

C’est vrai que les douches n’étaient pas quotidiennes, qu’Internet nous manquait un peu. Mais on se sentait si proches des oiseaux, des arbres, et du vent ! Et puis les choses ordinaires -un frigidaire, une prise électrique, un four- devenaient un vrai luxe que l’on savourait avec délice quand on séjournait chez les familles. Une douche chaude ! Le miracle de la sainte vierge (pardon Mamie, j’exagère un peu)…

Et pourtant nous t’avons quitté, un beau jour de printemps. Un an de parcouru avec toi, et il nous faut déjà partir de Nouvelle-Zélande. Les yeux du jeune Kiwi qui t’a choisi ont brillé dès qu’ils se sont posés sur toi. Ce gars n’a pas hésité, il t’a tout de suite emporté. Et tu as disparu de notre vue, de notre vie, si vite !

Adieux fidèle compagnon, vaisseau de notre odyssée, cher vanou… La vie à ton bord était bien douce.

Road-trip en famille

Certains pourraient s’interroger sur notre absence depuis déjà un mois sur le blog, mais ne vous inquiétez pas : nous nous portons à merveille, et nous adorons toujours autant vous faire part de nos aventures en terre kiwie ! Nous manquons seulement de temps et surtout d’accès Internet afin de mettre à jour notre site…

Ces derniers temps, après la pêche aux moules vertes, c’est avec bonheur que nous avons reçu la famille Quinton (les parents et la sœur de Sylvain).

Pour l’occasion nous leur avons concocté un circuit à travers le pays : ils nous suivaient dans un camping-car de location, arrivaient à Christchurch (Ile du Sud) puis quittaient la Nouvelle-Zélande trois semaines plus tard à partir d’Auckland (Ile du Nord).

C’était donc un grand tour à travers tout le pays : autant dire que nous avions beaucoup de route à faire, et que ces vacances n’étaient pas de tout repos !

Nous sommes d’abord partis à la découverte des trésors de l’Ile de Sud. Chaque lac était différent et nous promettait des surprises visuelles :

Certains de bleu turquoise et d’autres encadrés de Tussock

Des reflets parfaits

Des couleurs profondes…

Et même des morceaux de glace en guise de poissons!

Nous avons marché aux pieds des montagnes qui se sont libérées des nuages à notre passage (c’est que la météo capricieuse menaçait nos randonnées)

Et les fjords des Milford Sounds nous sont apparus, après des heures grises et pluvieuses, sous un soleil éclatant (depuis Bernard le père de Sylvain est persuadé qu’il a un pouvoir magique capable de commander la météo… Si seulement c’était vrai) !

Les paysages étaient si variés, que dans une même journée on découvrait une forêt aux allures tropicales

Puis un bord de mer aux falaises escarpées

Pour finir sur un glacier en bordure de chemin.

Par mis les oiseaux croisés sur notre route, nous avons adoré le Kea, perroquet montagnard et joueur

Comme le Fantail qui tourne autour des randonneurs avec sa queue en éventail

Ou l’albatros royal, si massif même en plein vol !

Au niveau de la faune marine, les otaries à fourrure étaient bien sûr de la partie (c’est qu’ici c’est un animal commun voyez-vous…), mais nous avons été déçus de ne pouvoir admirer de plus prêt un manchot. Heureusement les dauphins nous ont consolés du mieux qu’ils pouvaient, et c’était réussi !

Pour la dernière semaine, nous avons profité de l’Ile du Nord et de ses activités géothermiques : des couleurs surréelles

Nous nous sommes baignés dans une rivière chauffée par le souffre : un endroit encore secret et tranquille (peut-être grâce à l’odeur d’œuf pourri ?).

Et nous nous sommes même délassés à la plage d’Hot Water Beach, où il suffisait de creuser un trou dans le sable pour se régaler d’un vrai spa (à vrai dire en ce moment nous faisons de l’helpx juste à côté, et on en profite encore) !

Depuis maintenant six mois que nous sommes en Nouvelle-Zélande, nous adorons toujours autant ce pays. Il arrive que l’on se réveille au pied des montagnes ou au bord des lacs, et souvent nous pique niquons « le cul dans l’herbe tendre »…

A chaque fois, nos yeux sont illuminés pour toute la journée. On se sent si petits face à ce spectacle naturel, et tellement chanceux !

Alors c’est un vrai plaisir quand la famille nous rend visite, de partager avec elle un peu de ce qui nous charme tant sur ces îles : la vie de nomade, quand chaque matin est différent face à un paysage nouveau

L’observation des oiseaux

Les marches à travers les fougères arborescentes

Les couleurs détonnantes…

Ah ! Et n’oublions pas la dégustation du Paua, un met national ! Sylvain en a attrapé le jour même de l’anniversaire de Françoise, et c’était un vrai cadeau.

C’est un plat recherché, assez rare, aussi cher que du homard (vous trouverez sans doute de l’ormeau en France, de la même espèce). C’est sûr, quand on regarde d’abord cette bestiole bouger, chercher une roche où s’accrocher, on se demande s’il est possible de la manger, d’apprécier cette grosse langue noire, cet extra-terrestre… Ce n’est vraiment pas ragoûtant. Mais une fois cuisiné, croyez-moi, c’est délicieux !

La famille est partie en même temps que l’été néo-zélandais. Et oui pour nous c’est déjà l’automne … Heureusement nous profitons d’une belle arrière saison au Coromandel Peninsula, où il fait bien plus chaud que dans l’île du sud en plein été.

Dans un coin de nos cœurs il y a toujours la famille, les amis, les choses de « chez nous » (Ah ! Le fromage de chèvre, le pain frais, les jours de marché, les rues animées, les terrasses des cafés !) qui pourraient nous manquer… Mais de nouvelles rencontres, des expériences enrichissantes, l’appel d’autres découvertes nous remportent dans le tourbillon du voyage. Et on profite toujours pleinement de notre odyssée !

Vous pouvez retrouver notre itinéraire en détail sur cette carte Google (cliquez sur « view larger map » pour voir notre parcours en entier jusqu’à Auckland) :

Les Gypsies modernes

Nous vivons comme de vrais Gypsies, et nous adorons ça !

A bord de notre camion, nous découvrons des paysages merveilleux, nous nous posons quand bon nous semble…

On se couche face à la mer, les mouettes viennent quémander un peu de nos repas, la lueur du jour nous réveille à peine que déjà on a hâte d’ouvrir nos rideaux, pour scruter l’horizon depuis notre lit douillet !

La vue est toujours nouvelle :

Et on se sent tout simplement plus libre et plus léger.

Il y aussi le côté, dirons nous « moins confortable » : il nous faut sortir de la chaleur du camion et faire la vaisselle dans la nuit, fatigués, et les douches chaudes ne sont pas quotidiennes… Ce manque de confort n’est pas grand-chose face à notre nomadisme heureux, les douches froides des bords de mers nous revigorent, voyez comme on s’arrange pour rester propres :

Et puis l’île du nord regorge de bains naturellement chauds, et gratuits !

Et quand leur eau est chargée en sodium et non en souffre, ça ne sent pas l’œuf pourri !

Mais la modernité ne nous quitte pas, même dans cette vie plus simple, et nous ne ressemblons certainement pas aux Gypsies d’il y a… à peine 10 ans !
Nous branchons notre iPod via un émetteur Fm et notre musique s’accorde aux paysages qui défilent. Nous sauvegardons nos photos sur notre disque dur, notre petit ordinateur nous permet quelques soirées « ciné », et grâce à Internet nous rédigeons notre blog, retrouvons notre famille par e-mail ou par Skype.

Cela nous apporte d’ailleurs quelques soucis supplémentaires, nous devons sans cesse embarquer ou cacher notre matériel pour éviter les vols, et ce n’est vraiment pas facile d’avoir accès à Internet ! Beaucoup de campagnes reculées ne nous le permettent pas, et dès que nous croisons une petite ville nous partons à la recherche d’une bibliothèque ou d’un Mac Do (les deux émetteurs du wifi gratuit, une bataille terrible se joue ici entre le fast food tentaculaire et ma chère bibliothèque). Hélas parfois je dois favoriser Mac…(because the library is closed , and Mac Do always opened !). Maintenant, nous connaissons malgré nous les «Mac Coffees» par coeur (une autre arme du terrible Mac)…

Sinon l’été arrive à grand pas de ce côté du globe, et les températures plus clémentes nous permettent de profiter d’avantage de la grandeur des paysages. Nous passons nos journées dehors chauffés par le soleil…

Et la vie est encore plus douce !

Les routes néo-zélandaises

Nous avons parcouru une bonne partie de l’île du nord en van, et nous avons remarqué que les routes néo-zélandaises présentent quelques particularités :

Les routes sont plus que pentues. Ca monte et ça descend comme de vraies montagnes russes ! A ce détail non négligeable tout de même : la vitesse. Car notre pauvre van avance tel un escargot fatigué face à tant de montées si raides !

Les routes sont aussi souvent non goudronnées :


Et lorsque par malheur nous nous retrouvons dans ces « gravel roads » (j’ai beau aimé sincèrement mon nom, quand je le vois annoncé sur une pancarte je crains le pire), et qu’il pleut (ce qui est fréquent), et qu’il y a des tas de montées (ce qui est récurrent), et que chaque voiture croisée nous klaxonne et nous salue pour nous encourager dans cette dure épreuve… On se sent perdu dans un pays sauvage et reculé.

Mais cela fait aussi partie du plaisir du voyage, car à chaque nouvelle route de nouvelles aventures, et surtout de superbes vues nous attendent !

Et ces collines si vertes et si moelleuses…

N’est ce pas ? On aurait envie de se rouler dans cette herbe comme un immense oreiller tout doux tout confortable (en vrai quand on s’y promène la sensation sous les pieds est des plus agréables, mais l’odeur du caca de mouton anéantit les envies de roulades).
De même que toutes ces côtes sauvages où la mer change sans cesse de couleur…



Ne nous lassent pas !

Une dernière petite remarque tout de même : il faut être à l’affut de toutes les bêtes qui veulent traverser la route, faire bien attention à ne pas les écraser qu’elles sont si mignonnes!


Et qu’elles saliraient votre voiture…

Mais si vous voyez un possum, lâchez vos pulsions meurtrières et sanguinolentes : ECRABOUILLEZ-LE !!!

C’est un conseil kiwi très bien respecté ici, vu le nombre incroyable de carcasses que l’on croise malgré nous sur les routes (c’est que ça donne la nausée, des fois)…

Et dire qu’en Australie c’est une espèce protégée !

Allez, bonnes routes à vous et à bientôt !

Le terrible homme masqué

En tant qu’odyssée, notre voyage est parfois semé d’embuches, d’expériences plutôt négatives. Cela fait partie de l’aventure bien sûr, nous espérons seulement que les obstacles ne seront pas trop nombreux.

Je vous raconterai donc notre nuit du terrible homme masqué…

Elle commença quand, à la tombée de la nuit, sous un temps venteux et pluvieux, nous nous sommes perdus sur la route. Ce premier obstacle nous a retardés sur notre itinéraire, et la pluie et le vent battant plus fort… Nous nous sommes arrêtés fatigués sur un parking en front de mer, dans un petit village, au hasard. Je ne sais pas si c’est la fatigue, cette nuit froide et mauvaise, ou la trop grande confiance que m’inspire ce pays… Mais j’ai laissé mon sac à main à l’avant du van (grossière erreur, que je sois pendue si je la refais !).
Et c’est à la fin de la nuit, vers 5h, que les cris de Sylvain m’ont arrachée à mon sommeil. J’ai senti une présence, j’ai aperçu Sylvain se précipiter hors du lit, disparaître dans la nuit… Et le temps que je trouve mes lunettes (que c’est handicapant d’être aussi myope !), que je saute affolée dans le camion ; je me suis retrouvée assise dans le verre de la vitre brisée, à appeler Sylvain dans le noir, à deviner que mon sac avait été volé. Sylvain est vite revenu, grelottant et trempé.

Son expérience n’est pas meilleure.
Il a vu l’ombre du voleur au travers de la fenêtre, frapper puis fracasser la vitre. Ses cris n’ont pas dissuadé le salaud à s’enfuir avec mon sac. Fou furieux, Sylvain s’est élancé à sa poursuite, sous la pluie froide, en chaussettes et caleçon. Il l’a retrouvé au détour d’un arbre, le visage caché par une cagoule. L’aveuglant avec sa torche, le voleur s’est échappé sur son vélo, avec son maigre butin (je n’avais pas un sou dans mon sac !).

Nous avons passé la journée au commissariat, et la gentillesse des policiers nous a bien réconfortés. Ils nous ont soutenus au delà de ce qu’on espérait, lorsqu’ils nous ont aidés à réparer notre camion ou qu’ils nous ont invités chez eux pour le déjeuner.
Cette sale expérience, pour notre première nuit en free camping nous a déstabilisés. Savoir que des rôdeurs nous tournent autour, alors que l’on dort… Fait froid dans le dos. Mais c’est aussi une bonne leçon, nous sommes maintenant bien plus prudents !

L’aventure continue malgré tout, et nos affaires ne nous quittent plus !