Adieux cher van

Cher van, toute une année tu nous as transportés à travers les routes néo-zélandaises. Tu n’as pas failli face aux gravel roads et aux nombreux dénivelés, en dépit des jeunes voitures impénitentes qui te dépassaient, fierottes ! Fidèle monture de ferraille, tu nous as toujours conduits au bout de notre route. Et c’est en passant nos nuits au bord des plages désertes, au cœur des fougères arborescentes, ou au pied des montagnes folles… Que nous avons savouré notre chance. Nous avons adoré cette vie de nomade et ce goût grisant de liberté !

Toute une année durant, tu as été notre unique bien matériel, notre maison de 5m², notre palace de polly pockett. Et c’était le fait d’avoir si peu qui devenait notre richesse. Ces soirées seuls dans la forêt où il n’y a rien d’autres à faire qu’à déguster le temps et le silence.

Pêcher, lire, rêver, discuter, et même jouer au rummikub… Ces nuits d’hiver où nos deux rechauds devenaient nos cheminées réconfortantes…

Ces matins au soleil où l’on restait des heures, tasse de thé à la main, tartine de beurre, banane et sirop d’érable à la bouche (le péché mignon de Sylvain), à regarder la mer…

C’est vrai que les douches n’étaient pas quotidiennes, qu’Internet nous manquait un peu. Mais on se sentait si proches des oiseaux, des arbres, et du vent ! Et puis les choses ordinaires -un frigidaire, une prise électrique, un four- devenaient un vrai luxe que l’on savourait avec délice quand on séjournait chez les familles. Une douche chaude ! Le miracle de la sainte vierge (pardon Mamie, j’exagère un peu)…

Et pourtant nous t’avons quitté, un beau jour de printemps. Un an de parcouru avec toi, et il nous faut déjà partir de Nouvelle-Zélande. Les yeux du jeune Kiwi qui t’a choisi ont brillé dès qu’ils se sont posés sur toi. Ce gars n’a pas hésité, il t’a tout de suite emporté. Et tu as disparu de notre vue, de notre vie, si vite !

Adieux fidèle compagnon, vaisseau de notre odyssée, cher vanou… La vie à ton bord était bien douce.

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